Les forêts sacrées de la Menoua

18 janvier 2015

Valorisation socio-économique des forêts sacrées

 
   

 

Bien que la grande majorité des forêts sacrées ne soit exploitées qu’à des fins culturelles, quelques initiatives de valorisation socioéconimiques ont été observées : C’est le cas de la forêt sacrée de Mami Water de Fongo Tongo (Département de la Menoua) qui abrite un centre écotouristique qui bénéficie de l’encadrement de l’Office de Tourisme de Dscahng et du Programme « La route des chefferies » de l’Alliance franco-camerounaise. Ce centre est très visité par les touristes.

Forêt sacrée de Mami Water (Fongo Tongo) : un exemple de valorisation de forêt sacrée sur le plan écotouristique ; en plus des structures montrant l’effectivité du Centre écotouristique, les photos ci-dessous permettent de voir la canopée de cette forêt sacrée et la splendeur des « Chutes de Mami Water"

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Aspect écologique et floristique

La biodiversité des forêts sacrées au Cameroun  et dans  la Menoua en particulier est très peu connue. Pourtant ces forêts sont des milieux qui favorisent le développement de nombreuses espèces. Ce sont de véritables réservoirs de biodiversité, et parfois les seules formations forestières naturelles qui subsistent dans certains villages. Nkongmeneck & Tsabang (2001) ont réalisé un inventaire floristique dans deux forêts sacrées dans le Département de la Menoua : Men’ndé et Mami water :

Aspects ethnobotaniques

Au-delà de l’alliance spirituelle qui lie les forêts sacrées aux populations, les interactions entre les hommes et les ressources des forêts sacrées sont multiples. Tiokeng (2008) a décrit les usages de quelques plantes fréquentes dans quelques forêts sacrées de l’ouest Cameroun. L’étude présente les espèces suivantes dans différentes catégories d’usage suivantes :

v Les plantes utilisées en médecine traditionnelle

Ce sont: Albizia gummifera, Bridelia speciosa, Canarium schweinfurthii, Cassine aethiopica, Croton macrostachyus, Embelia schimperii, Markhamia lutea, Myrica arborea, Piper umbellatum, Prunus africana, Zehnaria scabra.

v Les plantes de grande valeur rituelle,

Parmi les plantes de grande valeur rituelle, on note : Piper umbellatum, Dracaena deisteliana, Ficus thoningui, Markhamia lutea, Vernonia amygdalina, Ensete giletii, Canarium scheweinfurthii, Musa paradisiaca, Musa sapientum.

v Les plantes alimentaires

Ce sont : Aframomum sp., Persea americana, Pseudospondia microcarpa, Canarium schweinfurthii, Elaeis guineensis, etc.

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17 janvier 2015

création des forets sacrées

Cas des forêts sacrées de quartier

La création des forêts sacrées de quartier ou forêts sacrées lieux de culte était essentiellement liée aux croyances animistes des peuples Bamiléké. Dans chaque village, la mise en place de ces forêts allait de paire avec la colonisation de l’espace par les populations. Le choix du site était effectué par un prêtre marabout du village. En général, ce sont les portions de forêts naturelles qui étaient délimitées pour servir de lieu de culte. Parfois, le choix du site était déterminé soit par un phénomène naturel, soit par un grand évènement ayant eu lieu sur ce site. Parmi ceux-ci on peut citer les chutes sur les cours d’eau (cas de la forêt de fongo tongo encore appélé forêt "mami water") , les sources d’eau  et l’enterrement d’un chef du village ou d’un ancêtre du village (cas de la forêt sacrée Fotoh).

Lorsque dans le quartier il n’existait ni forêt naturelle, ni phénomène naturel, ni grand évènement pouvant orienter le choix du site, le prêtre-marabout se chargeait de déterminer une portion de terrain sur lequel était planté l’espèce Ficus thoningii comme lieu de culte. Cette espace était alors mis en défens (interdiction d’exploitation) et au fil des années devait être colonisé par les espèces pionnières ligneuses pour devenir plus tard une forêt naturelle (CIPCRE, 2000).

Cas des forêts sacrées de chefferie

La création de la forêt sacrée de chefferie était liée à l’implantation du village. A l’origine, il y avait le climat d’instabilité qui régnait à l’époque. Il faut rappeler que la plupart des peuples de cette région étaient des guerriers. Ainsi, pendant les grandes périodes de migration des populations, chaque peuple qui arrivait dans une localité mettait en place des institutions traditionnelles chargées de gérer le territoire. A la tête de ces institutions était désigné un Chef du village. Trois principaux critères permettaient de déterminer l’emplacement de la chefferie :

- La chefferie était installée sur le flanc d’une colline et son entrée orientée de telle sorte que les populations y accèdent par une descente de pente ;

- En aval de la pente, un cours d’eau bordé de forêt devait servir de limite entre la chefferie et les plantations voisines ;

- Le flanc de la colline devait porter une forêt naturelle dans laquelle devaient être construites les cases du Chef et de ses épouses ainsi que les salles de réunions des sociétés secrètes. Comme dans le cas des forêts sacrées du quartier, un espace était délimité autour de la chefferie et était mis en défens lorsqu’il n’existait pas de forêt naturelle sur le flanc de la colline. En effet, lorsqu’on met une portion de terre en défens en zone forestière, la forêt se forme automatiquement.

 

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15 janvier 2015

Distribution et types de forêts sacrées

F

Nkongmeneck & Tsabang (2002)  ont répertorié près de 248 forêts sacrées dans toute la région de l’ouest Cameroun.

En pays Bamiléké à l’Ouest-Cameroun en général et dans la MENOUA en particulier les travaux du CIPCRE ont fait une distinction entre deux grands types de forêts sacrées : les forêts sacrées de quartier ou forêts sacrées lieux de culte et les forêts sacrées de chefferie.

Les forêts sacrées de quartier

Ce sont des îlots de forêts naturelles que l’on rencontre dans la quasi-totalité des quartiers de chaque village. Pour les populations, ces forêts abritent les dieux qui les protègent ou leur viennent en aide en cas de difficulté. En général, un sanctuaire est construit dans chacune de ces forêts pour servir de lieu de culte animiste. Des sacrifices y sont régulièrement faits aux dieux soit à titre individuel soit à titre collectif suivant la nature du motif de ces sacrifices. On a par exemple dans la Menoua le cas de la forêt sacrée de Baleveng2,3 et4 qui se trouve dans l'arrondissement de Nkongni.

Les forêts sacrées de chefferie

Les forêts sacrées de chefferie sont des îlots de forêts naturelles rencontrées autour de la chefferie de chaque village. Elles sont le lieu des rites initiatiques des différents clans présents dans le village. Les grands dignitaires du village ou notables organisés en sociétés sécrètes y tiennent leurs réunions hebdomadaires. C’est dans ces forêts que les jeunes chefs du village qui  accèdent au trône sont initiés à leurs nouvelles fonctions et où ils sont enterrés à leur mort. Ces forêts sont également reconnues comme abris des « totems » des chefs, des notables ; et des autres divinités protectrices du village. Les forêts sacrées de chefferie sont organisées en compartiments et c’est ainsi qu’on distingue :

v Le compartiment des princes;

v Le compartiment des reines;

v Le compartiment du tribunal coutumier;

v Le compartiment de la prison;

v Le compartiment lieu de culte aux dieux.

c'est par exemple le cas des forêts sacrées  se trouvant dans les localités de Baloum1, Balessing, Bansoa, Batsingla,Foreke.

 

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Introduction

Le Sommet Mondial sur le Développement Durable, qui s'est tenu à Johannesburg a appelé à des mesures d'encouragement en faveur de la conservation, à une gestion responsable des ressources et à l'application des lois dans les pays en développement. Il a souligné la nécessité de soutenir l'utilisation des forêts pour la croissance économique, tout en veillant à leur préservation en tant que ressources de base.

En Afrique et au Cameroun en particulier, les forêts sacrées intéressent de plus en plus les scientifiques et les organismes de protection de la nature. En effet, elles sont, avec les pratiques qui s’y rattachent, considérées comme de véritables sanctuaires de biodiversité végétale et animale, et des alternatives à explorer pour la sauvegarde de l’environnement.

Ces forêts constituent la méthode traditionnelle de conservation de la biodiversité. Elles aident à protéger les écosystèmes ou les habitats particuliers et présentent ainsi des aspects positifs, susceptibles d'enrichir les politiques nationales en la matière.

Depuis des décennies, l'exploitation culturelle des forêts sacrées ne constituait pas une menace pour l'intégrité de l'espace ni pour ses composantes naturelles. Toutefois, les menaces socioculturelles et les pressions économiques et démographiques constituent de nos jours les premiers facteurs de désacralisation et d'exploitation des ressources de ces écosystèmes

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